Trouver sa voie : sommes-nous faits pour un seul métier ?

Trouver sa voie : Sommes-nous faits pour un seul métier ?

Sur Google, le mot clé « Trouver sa voie » est recherché en moyenne 100 fois par jour !

 

De plus en plus de personnes se posent des questions sur leur vie pro :

Comment trouver sa voie ?

Sommes-nous faits pour un seul métier ?

Est-on limité à une seule reconversion dans sa vie ?

 

Dans cet article, nous allons tenter de répondre à ces questions à travers deux notions : la vocation et la passion

👉 Je vais te partager ma vision de la reconversion et pourquoi je pense que l’expression « trouver sa voie » est une aberration 😱

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Trouver sa voie : d'où viennent les vocations ?

Qu’est-ce qu’une vocation ?

Pour moi, suivre une vocation ça veut dire :

  • être intimement convaincu de l’utilité de son activité,
  • ressentir un engagement personnel très fort envers sa mission,
  • la poursuivre coute que coute.

D’après la professeure de sociologie Céline Bessière, une vocation est un engagement très intense, systématique et personnel dans quelque chose.

 

Le mot « vocation » en latin veut dire « appel ».

Un signal qui viendrait de l’extérieur et qui nous tirerait vers une mission.

Il a longtemps désigné l’appel de Dieu : à devenir prêtre, à vouer sa vie à la religion.

Vocation
Puis, il a petit à petit envahi tous les domaines professionnels.
 
On pense souvent aux professions médicales, enseignants, artistes, agriculteurs, sportifs, politiques, travailleurs sociaux…
 
Aujourd’hui, suivre sa vocation est vu comme quelque chose de courageux, et valorisé.

D’où vient cette conviction ? A quel point est-ce inné ? Et à quel prix doit-on poursuivre sa « vocation » ?

Vocation innée ?

Je tiens à préciser que je n’ai pas moi-même ressenti d’appel vers une vocation particulière 😅

Toutefois, dans les échanges que j’ai eu avec des personnes qui considèrent avoir suivies leur vocation, j’ai remarqué 3 situations principales :

  • La personne décide de cultiver et de développer un talent naturel qu’elle a depuis l’enfance (sport, musique…)
  • La personne ressent un besoin fort d’œuvrer pour une cause qui lui tient à cœur, qui l’indigne (engagement humanitaire, politique, utilité sociale…)
  • La personne a une forte attirance pour un domaine en particulier (ce qu’on pourrait considérer comme une passion)

Dans ces 3 cas, la vocation semble venir principalement de la personne elle-même.

C’est un choix qu’elle fait par rapport à une aptitude, un besoin ou une attirance.

Mais est-ce qu’une vocation vient toujours de soi ?

A quel point peut-elle être influencée par des facteurs extérieurs… ?

Vocation insufflée ?

On a vu qu’une vocation vient d’un appel, d’une envie qu’on ressent au plus profond de soi.

 

Mais dans ce cas, comment expliquer qu’il y ait des familles « à thème » ?

Où l’on retrouve le même métier de génération en génération…

Des familles entières de médecins, d’avocats, d’agriculteurs, de carreleurs…

 

Certes, ça peut s’expliquer par un encouragement des parents, un accès direct à ce milieu, moins de freins…

Mais à quel point est-on influencé par le métier de nos parents ? Une vocation est-elle purement innée ou peut-elle être insufflée ?

Le destin familial

Ces questions que je me suis posée, Céline Bessière a tenté d’y répondre dans son livre De génération en génération.

Elle a étudié pendant 8 ans les transmissions d’exploitations au sein de familles de viticulteurs.

D’après ses recherches, la « vocation » de reprendre l’entreprise familiale est très souvent insufflée par les parents et grands-parents dès l’enfance (à travers le type de jouets que l’on offre, l’interprétation des gestes de l’enfant…)

Chez l’enfant qui reprend l’entreprise, on retrouve le besoin de satisfaire le désir de ses parents, un sens du devoir moral et de l’engagement personnel.

Il s’agit là de facteurs extérieurs transmis à l’enfant par la famille…

Et qui influent grandement sur le sentiment de vocation qu’il/elle ressent pour ce métier !

⚠ La sociologue insiste toutefois sur un point : pour que ça marche, l’entreprise doit être reprise « avec cœur ».

L’environnement familial et le sens du devoir ne suffisent pas.

Il faut que ce soit un projet personnel avant tout, sinon ça ne marche pas.

 

👉 Il semble donc qu’une vocation n’est pas toujours innée. Elle peut être aussi fortement insufflée par l’entourage, l’éducation, le milieu social, et plus largement la culture dans laquelle on grandit.

Trouver sa voie : l'injonction à être passionné par son travail

Après la vocation, passons maintenant à la passion 😉

Est-ce que c’est moi ou tout le monde a ce mot à la bouche dernièrement ?

 

Personnellement ça m’a toujours foutu la pression…

Pendant longtemps, j’avais l’impression qu’il fallait absolument être passionné par son travail pour être épanoui 😫

 

Mais d’où vient cette injonction qui nous pourrit la vie ?

Un peu d'histoire

D’après Nathalie Leroux, sociologue du travail,

Pendant très longtemps c’était très mal vu d’être quelqu’un de passionné 😱

En Grèce antique, on considérait qu’une personne sage savait dominer ses passions.

 

Aujourd’hui, le mot passion est au contraire plutôt positif.

On considère qu’une passion donne un sens à l’existence.

Qu’elle permet de se différencier des autres et de se réaliser soi-même.

Nathalie Leroux explique que ce changement est venu en réponse au Taylorisme :

A partir des années 1980, l’engagement de soi et la passion au travail deviennent une attente sociale forte encouragées par une mutation profonde du travail (crises économiques, évolutions technologiques…).

 

De nouveaux modes d’organisation se mettent en place.

Avec des structures plus horizontales, plus d’autonomie et de responsabilité pour les salariés, une valorisation du travail en équipe…

Salariat vs. Entrepreneuriat

Avec la mondialisation et l’évolution vers une économie de services,

La création de valeur repose de plus en plus sur les compétences des travailleurs et leur implication.

Ce qui a encouragé les entreprises à valoriser les collaborateurs passionnés par leur travail.

Le graal du métier-passion

Mais pourquoi est-ce qu’on cherche à tout prix être passionné par son travail ?

Qu’est-ce qu’on gagne vraiment à faire un métier-passion ?

Et bien parce que :

👉 Quand on est passionné par son travail, quand on aime ce qu’on fait… on ne voit pas le temps passer, et ça ça vaut de l’or 😉

👉 Nous faisons partie d’une génération plus que jamais en quête de sens et quel meilleur moyen de trouver du sens dans son travail, que de faire un métier qui nous passionne ?

👉 Quand on décide de se reconvertir pour suivre une passion, pas besoin de passer des mois à chercher ce qu’on veut faire, c’est plus « facile » de choisir 😄

Et toi ? Qu’est-ce qui t’attire (ou pas) dans l’idée de vivre de ta passion ?

Le revers de la médaille

Malheureusement, le travail idéal n’existe pas… il y a toujours des inconvénients 😕

Sauf qu’on a tellement tendance à idéaliser le fait d’être passionné par son travail,

Qu’on oublie parfois de parler des risques que présente ce mode de vie

Mais quel peut bien être le côté obscur du métier-passion ? me diras-tu 😉

Et bien, par exemple :

  • Un surinvestissement de la part de la personne, qui se jette corps et âme dans son travail car c’est ce qui donne un sens à sa vie
  • Souvent, les personnes passionnées par leur métier acceptent plus facilement des conditions de travail difficiles : des horaires à rallonge, un faible salaire… parce que c’est vu comme le « prix à payer »
  • Tout ça mène en général à une séparation plus compliquée entre vie pro et vie perso
  • Par passion, on donne tout à l’entreprise, sans se préoccuper de son bien-être personnel

👉 Tout ça peut engendrer des effets psychiques ou physiques comme de la frustration, du dégoût pour son travail ou son entreprise, un burn out…

 

Je me souviens de la première fois qu’on m’a parlé de « burn out associatif ».

Pour moi, c’était inconcevable qu’on puisse faire un burn out en travaillant dans une association, pour une cause qui nous tient à cœur…

Alors qu’au final c’est quelque chose de très courant, même chez les bénévoles 😱

Je tiens quand même à nuancer un peu tout ça.

Je ne suis absolument pas en train de dire que toutes les personnes qui sont passionnées par leur travail finissent par faire un burn out.

Ou que ce n’est pas une bonne chose d’aller vers un métier qui te passionne.

 

Je souhaite simplement rappeler que rien n’est parfait.

Ce n’est pas parce que ton métier te passionne que tu seras forcément épanoui.

Et inversement, ce n’est pas parce que tu n’es pas passionné par ton métier que tu ne peux pas avoir une vie professionnelle épanouissante 🥰

Trouver sa voie : Sommes-nous faits pour un seul métier ?

Mais alors, pour trouver sa voie…

Faut-il être appelé par une vocation ? Faut-il d’abord se trouver une passion ?

Et puis, est-ce qu’il s’agit vraiment de trouver sa voie ?

Voie = Vocation ou Passion ?

Si j’ai décidé de parler de vocation et de passion dans cet article,

C’est justement pour démonter les idées que tu pourrais avoir à leur sujet.

Et montrer que tu n’as pas besoin de ça pour trouver ta voie !

 

Ce n’est pas parce que tu ne ressens pas un appel vers un métier, ou que tu n’as pas de passions dans la vie…

Que tu es voué à faire un travail qui ne te plait pas !

 

Et si tu es passionné par quelque chose, c’est aussi totalement ok de ne pas vouloir en faire ton métier 🙂

Ce n’est pas la même chose de faire une activité comme un loisir ou comme une activité professionnelle !

A-t-on vraiment qu'une seule voie ?

« Trouver sa voie »…

Mais d’où vient cette expression ?

Comment a-t-on pu nous faire croire qu’on avait qu’une seule voie ?

Et pourquoi est-ce qu’on accepte de croire ça ?

 

C’est quand même hyper angoissant comme idée non ? 😬

Ça voudrait dire qu’on est destiné à faire un métier (et un seul)…

Et qu’on ne sera pas épanoui tant qu’on ne la pas trouvé.

Ça voudrait aussi dire qu’on peut choisir la mauvaise voie… échouer dans sa reconversion 😱

 

Et bien je ne peux pas croire ça !

Je refuse de penser qu’on n’a qu’une seule voie…

Mais je n’ai pas toujours été comme ça 😔

Je comprends ceux qui veulent y croire, car je suis passée par là moi aussi.

Quand on ne se sent pas bien dans son job, c’est tentant de se dire qu’il suffirait de trouver sa voie pour être épanoui et heureux.

Ça nous offre une échappatoire, une solution de facilité en quelque sorte.

Sauf que ça met aussi une pression énorme sur les épaules !

Ça donne l’impression qu’on n’a pas le droit à l’erreur…

Qu’il faut tomber sur le bon métier du premier coup.

 

Et puis tu ne trouves pas ça un peu déprimant toi, d’avoir qu’un seul but dans la vie ? De faire qu’un seul métier ?

Aujourd’hui, (et tu dois déjà le savoir si tu as l’habitude de me lire 😋), je me considère comme une serial reconversionneuse.

Quelqu’un qui a besoin régulièrement de changer de travail, de secteur, de métier…

Plus tard, j’aimerais pouvoir regarder en arrière et me dire que j’ai testé plein de choses, que j’ai eu une vie bien remplie !

Je trouve ça beaucoup plus palpitant qu’avoir une v(o)ie toute tracée 🥳

Pas toi ? 😉

Conclusion

Tu viens de lire un des rares articles de ce blog où tu trouveras les mots « Trouver sa voie ».

Car tu l’auras compris, c’est une expression qui me hérisse les poils et en temps normal je ne l’utilise jamais 😡

 

Souffle un bon coup !

Ne te mets pas la pression pour « réussir ta reconversion » ou ne pas te « tromper de voie » car rien n’est gravé dans le marbre et toute expérience est l’occasion d’évoluer, d’apprendre et de grandir 💪

(Plus facile à dire qu’à faire, je sais 😅)

 

Je te laisse sur un conseil de lecture qui m’a aidée à prendre du recul sur tout ça :

📙 Le livre Rater sa voie pour réussir sa vie d’Ester Ramos

 

A très bientôt pour un nouvel article !

Estelle

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